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L’effet de surconfiance

Dernière mise à jour : 9 avr. 2023


Pour ceux qui me connaissent un peu, je suis plutôt du style un peu réservée et j’aime écouter, chercher à comprendre, analyser ...

En écoutant et en observant mon entourage, j’étais régulièrement fascinée par la capacité qu’ont certaines personnes à parler, avec assurance, de sujets dont elles ne sont pourtant pas vraiment expertes.

Bon, je ne vous cache pas que j’étais à l’époque plutôt jalouse de leurs prouesses, car réussir à captiver l’audience en déballant avec aplomb, des choses parfois imprécises et de manière simplifiée, je trouve que c’est une réelle compétence!

A l’inverse je me demandais parfois comment de vrais experts parvenaient à parler si discrètement et avec tellement d’humilité de leur sujet !

Est-ce que le beau parleur, qui s’affirme malgré son discours un peu « creux »,  a conscience de sa vision simpliste et superficielle du sujet qu’il aborde ? Est ce qu’il ne m’arrive pas aussi d’affirmer des choses erronées ou du moins très imprécises et fortement simplifiées?

Est-ce qu’il est ainsi au quotidien, quel que soit le sujet de discussion?

Comment parvenir a distinguer l’imposteur de l’expert?


Bref, voilà un sujet qui me travaillait un peu ... et un jour j'ai découvert l'effet de surconfiance!

Pour la petite histoire, David Dunning et Justin Kruger sont 2 psychologues américains qui ont publié leur travaux en 1999 prouvant et vérifiant une hypothèse énoncée par Charles Darwin: «l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance».

Ainsi lorsque l'on passe du stade de débutant au stade d'expert notre degré de confiance varie:


1 - La personne incompétente pense "savoir" et maitriser le sujet, elle se situe au niveau de la "montagne de la stupidité". A ce stade la personne incompétente tend à surestimer son niveau de compétence, ne parvient pas à reconnaître la compétence de ceux qui la possèdent réellement et ne parvient pas à se rendre compte de son degré d’incompétence


Une étude menée par des chercheurs de l'Université du Michigan en 2018 a examiné l'effet Dunning-Kruger dans le domaine de la lecture et de l'écriture. Les résultats ont montré que les étudiants qui se considéraient comme étant de bons lecteurs et écrivains avaient souvent des performances médiocres, tandis que ceux qui se considéraient comme étant des apprenants moins compétents avaient en réalité des performances supérieures.


En outre, une étude menée par des chercheurs de l'Université de Californie en 2019 a examiné l'effet Dunning-Kruger dans le domaine de la finance personnelle.

Les résultats ont montré que les personnes les moins compétentes en matière de finance personnelle étaient celles qui surestimaient le plus leurs connaissances financières.


Ces résultats suggèrent que les personnes les moins compétentes ont souvent une perception biaisée de leur niveau de compétence. Ils surestiment leurs compétences et ne reconnaissent pas leur incompétence, ce qui peut les empêcher de chercher à améliorer leur niveau de compétence.


En fin de compte, la reconnaissance de son propre degré d'incompétence est essentielle pour pouvoir progresser et atteindre un niveau de compétence plus élevé.

Comme le soulignent Dunning et Kruger, "la compétence réelle peut être acquise grâce à une reconnaissance honnête et réfléchie de ses limites".


"C'est ce que nous pensons déjà connaître qui nous empêche souvent d'apprendre" Claude Bernard

2 - Il a été démontré que les formations peuvent avoir un impact significatif sur l'amélioration de la compétence et de la confiance en soi.


Une étude menée par le Centre de recherche pour l'emploi de l'Université de Cardiff en 2019 a examiné les effets de la formation sur la confiance en soi des employés.

Les résultats ont montré que les employés qui ont suivi une formation ont signalé une augmentation de leur niveau de confiance en eux-mêmes et en leur capacité à accomplir leur travail.

Cependant, lorsqu'une personne se rend compte de ses lacunes et de ses limites après avoir suivi une formation, il est possible qu'elle traverse une phase de baisse de confiance en soi, connue sous le nom de "vallée de l'humilité".


Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Berkeley a révélé que cette baisse de confiance en soi était courante chez les étudiants diplômés qui se rendaient compte de leur manque de compétences et qui développaient un sentiment d'imposteur.

Cependant, la recherche suggère que la confiance en soi peut augmenter progressivement au fil du temps.


Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Tel Aviv en 2014 a examiné la relation entre l'expérience, la confiance en soi et la performance. Les résultats ont montré que les participants qui avaient une expérience plus grande et plus variée étaient plus confiants en eux-mêmes et avaient une meilleure performance que ceux qui avaient moins d'expérience.


Ainsi, il est important de noter que la confiance en soi est un processus qui peut varier dans le temps et dépend de plusieurs facteurs, notamment de l'expérience, de la formation et de la reconnaissance des limites et des lacunes personnelles.


En fin de compte, la pratique régulière et la persévérance peuvent aider à surmonter les périodes de doute et à atteindre le "plateau de la consolidation", où la confiance en soi et la compétence sont maximales.

Cela laisse alors à réfléchir car il est difficile de connaitre l'existence de ce que nous ne savons pas ... et nous pouvons parfois être dans l'illusion de savoir ...



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