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Les biais cognitifs

Dernière mise à jour : 9 avr. 2023

Que ce soit dans votre sport, au sein de votre famille, dans un cadre professionnel ou personnel: vous pensez prendre des décisions consciencieuses, fruits d’analyses et de réflexions logiques et rationnelles ?





Cela serait certainement vrai si votre cerveau n’empruntait pas quelques raccourcis mentaux !

Si vous n’en étiez pas déjà conscient, aujourd’hui vous allez découvrir pour quelles raisons votre rationalité est limitée par vos jugements parfois erronés.

En effet il existe une distorsion dans le traitement cognitif d’une information … dit autrement « votre cerveau construit sa propre réalité ».

 

La raison: les biais cognitifs.

Les biais cognitifs sont des erreurs de jugement systématiques qui se produisent dans la manière dont les gens traitent l'information. Ils sont causés par des processus mentaux automatiques qui peuvent influencer la façon dont nous percevons, pensons et prenons des décisions.


Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de biais cognitifs. L'un d'eux est la simplification cognitive. Les humains ont tendance à utiliser des heuristiques ou des raccourcis mentaux pour traiter l'information, ce qui peut conduire à des erreurs de jugement.


Par exemple, une étude menée par Kahneman et Tversky en 1974 a révélé l'existence de l'effet de représentativité, qui conduit les gens à se concentrer sur des informations qui correspondent à leurs attentes préconçues et à ignorer les informations qui ne le font pas. Dans cette étude, les participants ont été présentés à une description de la personnalité d'une personne fictive et ont été invités à estimer la probabilité que cette personne travaille dans un domaine particulier. Les participants ont tendance à surestimer la probabilité que la personne travaille dans ce domaine si la description de sa personnalité correspondait à celle de quelqu'un qui travaille dans ce domaine.


Un autre facteur qui peut contribuer aux biais cognitifs est la charge cognitive. Les humains ont une capacité limitée à traiter l'information, et lorsque cette capacité est dépassée, ils ont tendance à prendre des décisions basées sur des raccourcis mentaux ou à se fier à leur intuition plutôt qu'à examiner toutes les informations pertinentes.


Par exemple, une étude menée par Simon et Hayes en 1976 a révélé que les médecins généralistes étaient plus susceptibles de poser un diagnostic erroné lorsque le nombre de symptômes présentés par le patient était élevé, ce qui augmentait la charge cognitive du médecin.


Enfin, les biais cognitifs peuvent également être influencés par des facteurs émotionnels ou sociaux. Les humains ont tendance à être influencés par leurs émotions et leurs préjugés sociaux, ce qui peut affecter leur prise de décision.


En somme, les biais cognitifs sont causés par des processus mentaux automatiques qui peuvent influencer notre manière de traiter l'information. Les facteurs qui contribuent à leur apparition incluent la simplification cognitive, la charge cognitive, ainsi que des facteurs émotionnels et sociaux.

 

Quelques biais cognitifs connus


Il existe différents types de biais cognitifs qui devraient vous évoquer quelques souvenirs:

1- Le biais d’ancrage:

Le biais d'ancrage est un biais cognitif qui se produit lorsque les gens se concentrent sur une information particulière (l'ancrage) pour prendre une décision ou estimer une valeur, même si cette information n'est pas pertinente ou fiable.

Ce biais peut conduire à une prise de décision erronée ou à une estimation inexacte.

L'effet d'ancrage a été découvert dans les années 1970 par les psychologues Amos Tversky et Daniel Kahneman.

Dans une expérience classique, les participants ont été invités à estimer la réponse à une question numérique, telle que "quelle est la proportion des Nations Unies qui sont des pays africains ?".

Avant de répondre à la question, les participants ont été informés d'un nombre qui était présenté comme étant soit élevé, soit faible, sans rapport avec la question réelle. Par exemple, certains participants ont vu le nombre 10 tandis que d'autres ont vu le nombre 65 pour cette question.

Les participants qui ont vu le nombre élevé ont tendance à proposer des réponses plus élevées que ceux qui ont vu le nombre bas, même s'ils savaient que le nombre présenté n'était pas pertinent pour la question posée. Cela montre que l'ancrage sur un nombre peut influencer les estimations futures, même lorsque ce nombre est clairement arbitraire.

Le biais d'ancrage peut avoir des implications importantes dans la prise de décision en milieu professionnel ou personnel.

Par exemple, lors d'une négociation, une personne peut commencer par faire une offre très élevée (l'ancrage) pour influencer la perception de l'autre partie, même si cette offre n'a pas de rapport avec la valeur réelle de l'objet de la négociation. La partie qui accepte l'offre initiale peut finir par payer beaucoup plus cher que ce qu'elle aurait dû payer autrement.

En somme, le biais d'ancrage est un biais cognitif courant qui peut influencer la prise de décision et les estimations futures. Les gens ont tendance à être influencés par les informations présentées en premier, même si elles ne sont pas pertinentes ou fiables, et cela peut conduire à des résultats suboptimaux.


2- Le biais de négativité:

Le biais de négativité est un biais cognitif qui se produit lorsque les gens ont tendance à accorder une plus grande importance aux événements négatifs qu'aux événements positifs. En d'autres termes, les personnes ont tendance à accorder plus d'attention aux informations négatives et à les traiter plus intensément que les informations positives.

Ce biais a été observé dans de nombreuses études. Par exemple, une étude a demandé à des participants de se remémorer des événements importants de leur vie. Les résultats ont montré que les événements négatifs étaient plus fréquemment rappelés et étaient plus détaillés que les événements positifs.

Le biais de négativité peut avoir des conséquences importantes sur la perception de soi et sur les relations interpersonnelles. Par exemple, les personnes qui ont tendance à accorder une plus grande importance aux événements négatifs peuvent avoir une faible estime de soi, être plus enclines à l'anxiété et à la dépression.

De même, dans les relations interpersonnelles, les personnes qui ont tendance à se concentrer sur les aspects négatifs des autres peuvent avoir des relations plus tendues et conflictuelles.

Il est important de noter que le biais de négativité peut être influencé par plusieurs facteurs, notamment l'environnement social, les expériences passées et les caractéristiques individuelles. Par exemple, les personnes qui ont été victimes de traumatismes ou qui ont connu des événements difficiles peuvent avoir une plus grande tendance au biais de négativité.

En conclusion, le biais de négativité est un biais cognitif courant qui peut avoir des conséquences importantes sur la perception de soi et sur les relations interpersonnelles. Les personnes ont tendance à accorder une plus grande importance aux événements négatifs qu'aux événements positifs, et cela peut influencer leur comportement et leur état mental.


3- Le biais de conformisme:

Le biais de conformisme est un biais cognitif qui se produit lorsque les gens modifient leur comportement ou leurs croyances pour se conformer aux normes sociales ou aux opinions des autres, même s'ils sont en désaccord avec ces dernières.

Ce biais a été étudié dans de nombreuses situations, notamment dans des expériences impliquant la prise de décision en groupe. Les résultats ont montré que les individus ont souvent tendance à modifier leur jugement pour se conformer à la majorité, même si la réponse de la majorité est clairement erronée.

Il est important de noter que le biais de conformisme peut être influencé par plusieurs facteurs, notamment le statut social, l'importance accordée à la cohésion sociale et le désir de ne pas se distinguer des autres.

Le biais de conformisme peut avoir des conséquences importantes, notamment dans les situations où il est important de prendre des décisions précises et objectives. Par exemple, en médecine, les médecins peuvent être influencés par l'opinion de la majorité de leurs pairs, même si cette opinion n'est pas fondée sur des preuves solides. De même, en politique, les décideurs peuvent être influencés par l'opinion publique, même si cette opinion n'est pas fondée sur des faits ou des données.

En conclusion, le biais de conformisme est un biais cognitif courant qui peut avoir des conséquences importantes sur la prise de décision et la perception de la réalité. Les individus ont tendance à se conformer aux normes sociales et aux opinions des autres, même s'ils sont en désaccord avec ces dernières, et cela peut influencer leur comportement et leurs croyances.


4- Le biais de confirmation:

Le biais de confirmation est un biais cognitif courant dans lequel les individus ont tendance à rechercher, interpréter et mémoriser des informations de manière à confirmer leurs croyances ou hypothèses préexistantes, tout en ignorant ou en minimisant les informations qui les contredisent.

Ce biais a été étudié dans de nombreuses situations, notamment dans le contexte de la prise de décision et de la formation des préjugés. Les résultats ont montré que les individus ont souvent tendance à rechercher des informations qui confirment leurs croyances préexistantes, même si ces informations ne sont pas pertinentes ou fiables.

Par exemple, une personne qui croit que les vaccins sont dangereux pourrait rechercher des informations sur Internet qui confirment cette croyance, en ignorant ou en minimisant les informations scientifiques fiables qui montrent que les vaccins sont sûrs et efficaces.

Le biais de confirmation peut avoir des conséquences importantes, notamment dans les situations où la prise de décision est cruciale et où il est important de prendre en compte toutes les informations pertinentes. Ce biais peut également contribuer à la formation de préjugés et à la polarisation de l'opinion publique.

Il est important de noter que le biais de confirmation peut être renforcé par d'autres biais cognitifs, tels que le biais de disponibilité et le biais d'ancrage. Les individus peuvent être influencés par des informations qui sont plus facilement disponibles ou qui ont été présentées en premier, ce qui peut renforcer leurs croyances préexistantes.

En conclusion, le biais de confirmation est un biais cognitif courant qui peut avoir des conséquences importantes sur la prise de décision, la formation des préjugés et la polarisation de l'opinion publique. Les individus ont tendance à rechercher, interpréter et mémoriser des informations qui confirment leurs croyances préexistantes, en ignorant ou en minimisant les informations qui les contredisent, et cela peut influencer leur comportement et leurs décisions.


5- Le biais de disponibilité:

Le biais de disponibilité est un biais cognitif qui se produit lorsque les individus évaluent la fréquence ou la probabilité d'un événement en se basant sur la facilité avec laquelle des exemples viennent à l'esprit. En d'autres termes, les individus ont tendance à surestimer la probabilité d'un événement s'ils peuvent facilement se souvenir d'exemples d'occurrences similaires.

Ce biais a été étudié dans divers domaines, notamment dans le contexte de la prise de décision, de la formation des opinions et des comportements de santé. Par exemple, les individus peuvent être influencés par des événements récents ou marquants et penser que ces événements sont plus courants qu'ils ne le sont réellement.

Un exemple courant du biais de disponibilité est l'attention accordée par les médias à certains types de crimes, tels que les meurtres violents, qui peuvent conduire les individus à surestimer la fréquence de ces crimes et à avoir une perception négative de la sécurité publique, même si les statistiques montrent que ces crimes sont relativement rares.

Le biais de disponibilité peut avoir des conséquences importantes sur la prise de décision et les comportements, en particulier lorsqu'il est associé à d'autres biais cognitifs, tels que le biais de confirmation et le biais de représentativité. Par exemple, les individus peuvent prendre des décisions basées sur des informations qui sont facilement disponibles, même si ces informations ne sont pas représentatives de la situation réelle.

En conclusion, le biais de disponibilité est un biais cognitif courant qui peut influencer la perception des individus de la fréquence ou de la probabilité d'un événement. Les individus ont tendance à surestimer la fréquence d'un événement s'ils peuvent facilement se rappeler des exemples d'occurrences similaires, ce qui peut avoir des conséquences importantes sur la prise de décision et les comportements.


6- Le biais d’autorité:

Le biais d'autorité est un biais cognitif qui se produit lorsque les individus attribuent une plus grande valeur ou une plus grande vérité à une information en fonction de la source qui la fournit, plutôt que de son contenu réel. En d'autres termes, les individus ont tendance à croire plus facilement une information si elle est présentée par une personne ou une institution considérée comme ayant une autorité ou une expertise dans le domaine concerné.

Ce biais a été étudié dans divers domaines, notamment en psychologie sociale et en communication. Les expériences montrent que les individus ont tendance à suivre les consignes d'une autorité même si elles vont à l'encontre de leur propre jugement ou de leur propre expérience. Cela a été mis en évidence dans des études célèbres, telles que l'expérience de Milgram sur l'obéissance à l'autorité.

Le biais d'autorité peut avoir des conséquences négatives, en particulier lorsqu'il est associé à des pratiques abusives ou malveillantes. Par exemple, des régimes autoritaires peuvent utiliser ce biais pour justifier des pratiques discriminatoires ou pour contrôler les populations.

Il est important de noter que le fait de considérer une source comme une autorité n'implique pas nécessairement que l'information présentée soit fausse ou trompeuse. Cependant, ce biais peut conduire à une acceptation aveugle de l'information présentée par une autorité, sans prendre en compte d'autres sources ou informations contradictoires.

En conclusion, le biais d'autorité est un biais cognitif courant qui peut conduire à une acceptation aveugle de l'information présentée par une personne ou une institution considérée comme ayant une autorité ou une expertise dans un domaine donné. Ce biais peut avoir des conséquences négatives lorsqu'il est associé à des pratiques abusives ou malveillantes, il est donc important d'être conscient de ce biais et de toujours évaluer l'information de manière critique.


7- Le biais d’attribution:

Le biais d'attribution est un biais cognitif qui se produit lorsqu'on évalue les causes des événements ou du comportement des autres ou de soi-même. Ce biais peut nous amener à interpréter les actions des autres de manière inexacte ou inappropriée en attribuant trop de poids à certaines informations et pas assez à d'autres.

Plus précisément, le biais d'attribution se produit lorsque nous avons tendance à attribuer le comportement des autres à des traits de personnalité ou des caractéristiques permanentes plutôt qu'à des facteurs situationnels. Par exemple, si quelqu'un échoue à un test, nous pouvons avoir tendance à penser que c'est parce qu'il est paresseux ou pas assez intelligent, plutôt que de prendre en compte des facteurs tels que le manque de sommeil ou le stress.

Le biais d'attribution peut également se produire lorsqu'il s'agit de notre propre comportement. Dans ce cas, nous avons tendance à attribuer nos réussites à nos propres compétences ou à des facteurs personnels, alors que nous attribuons nos échecs à des facteurs situationnels ou à des circonstances hors de notre contrôle.

Ce biais a été étudié dans divers domaines, notamment en psychologie sociale et en psychologie cognitive. Les résultats montrent que le biais d'attribution peut avoir des conséquences négatives sur nos relations sociales et notre bien-être émotionnel.

En conclusion, le biais d'attribution est un biais cognitif courant qui peut nous amener à interpréter les actions des autres ou notre propre comportement de manière inexacte ou inappropriée en attribuant trop de poids à certaines informations et pas assez à d'autres. Il est important de prendre en compte les facteurs situationnels lors de l'évaluation du comportement des autres ou de soi-même, afin d'éviter de tomber dans ce biais.





On pourrait cité encore bien d’autres biais cognitifs mais ces quelques exemples devraient déjà vous évoluer quelque chose et vous faire prendre conscience que notre cerveau peut nous induire en erreur, parasiter nos pensées et déformer notre appréciation de la réalité.



Prendre conscience du fait que notre cerveau ne détient pas la vérité vraie est déjà un premier pas et pas des moindres !


Mais alors comment parvenir à d’avantage d’objectivité, à raisonner de manière plus rationnelle?

être plus flexible mentalement permet de se rapprocher de cet idéal et de ne pas passer à côté de tellement de choses.

Doutez de vos pensées, vos jugements, vos émotions.

Ne jugez pas hâtivement mais prenez le temps d’étudier, écouter les avis, examiner … sans délaisser pour autant ses intuitions.

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